ŒUVRES

OUVRAGES DE MAURICE FOURRÉ PARUS EN LIBRAIRIE

    • La Nuit du Rose-Hôtel
      Gallimard, 1950. Premier (et unique) numéro de la collection Révélation, dirigée par André Breton. Préface d’André Breton. Couverture illustrée en couleurs sur une maquette de Pierre Faucheux.
      N.B.: Le chapitre X de La Nuit du Rose-Hôtel ainsi que la préface d’André Breton ont été pré-publiés chez Gallimard dans Les Cahiers de la Pléiade, dirigés par Jean Paulhan, en 1949.
      Réédition dans la collection L’Imaginaire avec la préface d’André Breton, sous couverture blanche, titre en couleurs, Gallimard, 1979.
    • La Marraine du sel
      Gallimard, 1955.
      Réédition intégrale établie et préfacée par Bruno Duval, L’arbre vengeur, 2010.
    • Tête-de-Nègre
      Gallimard, 1960.
      Réédition intégrale, Gallimard, 1981.
    • Le Caméléon mystique
      édition posthume établie et préfacée par Jean-Pierre Guillon, Calligrammes (Quimper) 1982,
      N.B.: Une première version, fragmentaire, du Caméléon mystique a été publiée par Philippe Audoin dans Maurice Fourré, rêveur définitif, Le Soleil noir, 1976.
    • Patte-de-bois
      Calligrammes (Quimper) 1985, édition établie et préfacée par Jean-Pierre Guillon d’après le texte intégral paru dans La Revue hebdomadaire, dirigée par René Bazin, en 1907.
    • Une Conquête
      édition établie et présentée par Jean-Pierre Guillon d’après le texte intégral paru dans La Nouvelle revue en 1908, avec des croquis de l’auteur relatifs à La Nuit du Rose-Hôtel. Éditions du Fourneau (Paris), 1990.
    • Il fait Chaud ! et autres nouvelles
      Les cahiers Fourré, AAMF Editions, Paris, 2011.

1. LA NUIT DU ROSE-HÔTEL

C’est en vain qu’à Montparnasse un ordinaire hôtel de passe tente de se faire passer pour pension de famille respectable. Un horrible jour de juin 1921, la brigade des mœurs vient mettre le nez dans ses affaires. De l’entrée aux combles, le Rose-Hôtel rougit de confusion. Quelle dénonciation calomnieuse a-t-elle bien pu le frapper ? À l’envisager, par-delà toute référence implicite à l’Art poétique de Boileau, sous l’angle onomastique qui convient à la poésie jusque dans le roman sat(y)rique, le Rose-Hôtel, c’est l’AUTEL d’EROS. Mais de quel éros s’agit-il au juste ? Aux antipodes de toute description réaliste, l’érotisme de Fourré, nourri de suggestions insidieuses, est un érotisme fourré. Pour dévoiler les mécanismes les plus secrets du désir, nichés dans les replis de la perversité mentale, il fait la part belle aux effets de langue. Regorgeant de qualificatifs baroques, sa langue elle-même est fourrée : « Le matou phosphorescent invite la chatte tigrée sur la glissante passerelle du zinc » (Le Nouvel Attila, n°5-7). Aux antipodes de toute linéarité chronologique, la suite des chapitres se déroule comme une suite de tableaux rêvés sur la scène du théâtre de la vie, dont l’annonce est elle-même un poème.

TABLE DES MATIÈRES :
Cortège des heures
L’ombre de Madame Bouteille
La Rose
Congrès des sourires
Ma Rosine
Les iles d’amour
Le beau train bleu
L’archer du jardin
Ma cage du cardinal
Mademoiselle Silence
On soupera dans l’auberge de Rose
Le petit équilibriste
L’oiseau chantant
Les anges nous quittent
Le domino noir et blanc
Cirque en Océanie
Message de Madame Gouverneur
Soleil de l’Equateur
La colonne de brumes
Les grelots tintent à la porte

2. LA MARRAINE DU SEL

Au cours de l’agonie de sa maîtresse Mariette Allespic, Clair Harondel, « représentant en fanfreluches joyeuses et funèbres », exorcise peu à peu, dans la cité géométrique de Richelieu (Indre-et-Loire), les charmes ensorceleurs de cette « Marraine du sel », empoisonneuse par amour de son brave mercier de mari, qui menace désormais sa propre fille Florine, accourue des États-unis à son chevet, et Clair lui-même, en proie à de sombres réflexions consacrées à la faillite de toute vie conjugale, après s’être réveillé de la passion amoureuse qui risquait de l’anéantir. De telles réflexions, qu’il partage avec feu Abraham Allespic, plus « libraire » que mercier, sont aussi celles de l’auteur lui-même, qui, pour se consoler de ses propres déceptions éditoriales et autres, relit Madame Bovary à la lumière de Rabelais, Montaigne et Montesquieu, ses auteurs de chevet, tandis que son héros leur préfère Dumas et Jules Verne, dans un volume duquel il déchiffre l’annonce de sa propre mort. À l’époque de l’essor historique du « Nouveau roman », cette conception du héros victimisé comme lecteur fait involontairement écho à la Recherche du temps perdu dans la prise de conscience par Fourré de sa propre modernité littéraire, en marge d’un surréalisme blanchi sous le harnais.
Réédition aux Editions de l’arbre vengeur, avec une préface de Bruno Duval, avril 2010.

TABLE DES MATIÈRES 
Les chapitres :
1ère partie
Prismes
La couronne de pensées
La nuit géométrique
Opales
La flèche de Jais
Parfums
La bulle d’air
Chant huitième

2ème partie
Cires virginales
Mousselines
Le baiser solaire
Le billot de cristal
Le lacet ferroviaire
Le rideau bleu
Pirouette
La prairie des Luisettes
Le bois de l’Ermite
Phosphores

3ème partie
Tabou
Miroitements
Le chapelet d’étincelles
Reflets
Miels
Mirabelle
La nébuleuse
Le rendez-vous mélancolique
Le souper sous les étoiles
Petite lumière
La fleur mystique
Vibrations
Stop

3. TÊTE-DE-NÈGRE

Au cœur de la Bretagne, dans la vallée du Blavet, le drame se noue autour du mystérieux baron de Landivic au visage recouvert d’un masque Tête-de-Nègre. Sa mort, assassiné par son double. Satrape impénitent, le baron Déodat de Languidic se plaît, au cours d’orgies dans la grande salle de son château de Gouarec, dans la vallée du Blavet (Morbihan), à arborer un masque de cuir collé à la peau. C’est le signe distinctif de la puissance illimitée que les négriers nantais ont cru s’attribuer jadis en faisant le commerce du bois d’ébène. Dans la réalité actuelle, « Tête-de-Nègre » persiste à entretenir des relations incestueuses avec sa petite-fille Soline. En osant défier son hôte de fortune, un jeune blanc-bec amoureux de Soline dont sa double personnalité (Hilaire/Basilic Affre) faisait le désespoir de son propre père, Amédée, à Château-Gontier (Mayenne), réussit, tel un chevalier du Moyen-âge, à conjurer la malédiction ancestrale qui pèse sur le château, hâtant ainsi l’assassinat du baron par son double, « Tête-de-Nègre ». « Monsieur Maurice », qui, dès le début du récit, offre à sa petite amie peintre Jobic des croquettes à l’anis, spécialité réelle de l’endroit, et des cartes postales licencieuses, voilà le profil perdu de l’auteur lui-même, courant la prétentaine au volant de la camionnette empruntée à l’entreprise familiale.
Le septième numéro de Fleur de Lune est consacré à Tête-de-nègre

4. LE CAMÉLÉON MYSTIQUE

A une génération de distance deux narrateurs, Pol Hélie – le fils  – et Dominique Hélie – le père effectuent le même parcours parmi le grand Ouest à la recherche d’un leurre mais sous les injonctions triomphantes des images ancestrales. Le changement de narrateur au cours du récit donne son caractère particulier à l’oeuvre.